Avant de chercher si vous êtes plutôt taille 1 ou taille 2, posez-vous la vraie question : qu'est-ce qu'il y a vraiment dans cette cup ? Vous allez la porter contre vos muqueuses 4 à 8 heures d'affilée, plusieurs jours par mois, pendant une décennie entière. Le matériau n'est pas un détail technique, c'est la priorité absolue. La taille viendra après, et elle se règle en trois minutes une fois la bonne cup en main.
Dans ce guide, on commence par décortiquer la mention "silicone médical", parce qu'elle ne recouvre pas la même réalité partout, et que la nuance change vraiment quelque chose. Vient ensuite la méthode pour trouver votre taille, sans tâtonner trois cycles de suite. Pour situer la cup dans une routine plus large, vous pouvez aussi parcourir notre collection dédiée à l'hygiène intime.
Silicone platine ou silicone peroxydé : la différence qui compte
Deux cups peuvent se ressembler trait pour trait et être faites de matériaux radicalement différents. Tout se joue sur le procédé de fabrication du silicone, et plus précisément sur le catalyseur utilisé. Il en existe deux grandes familles : la catalyse au platine, et la catalyse au peroxyde.
Le silicone platine médical utilise le platine comme catalyseur. Ce métal est totalement inerte, il ne laisse aucun résidu chimique dans le matériau final. Le silicone obtenu est ultra-pur, biocompatible, identique à celui des implants chirurgicaux et des dispositifs médicaux. Plus exigeant à produire, donc plus cher, mais c'est la référence pour ce qui touche les muqueuses sur la durée.
Le silicone peroxydé, lui, repose sur le peroxyde d'hydrogène. Plus économique à fabriquer, il peut laisser des traces de sous-produits de réaction dans le matériau fini. Pour un joint de cuisine ou un moule à gâteau, aucun problème. Pour un objet en contact prolongé avec une zone aussi sensible que le vagin, sur dix ans, la nuance prend tout son sens.
"Silicone médical" sans plus de précision, c'est comme "huile alimentaire" sans dire laquelle. Vous voulez le détail.
Concrètement, le silicone platine médical répond à deux normes que vous pouvez vérifier : ISO 10993 (biocompatibilité des dispositifs médicaux) et USP Class VI (norme pharmaceutique américaine). Ce ne sont pas des labels marketing, ce sont des certifications délivrées par des organismes tiers indépendants. Une marque sérieuse les mentionne explicitement. Une marque qui se contente d'écrire "silicone médical" sans préciser le type de catalyse, vous avez le droit de douter.
Critère
Silicone platine médical
Silicone peroxydé
Catalyseur
Platine (inerte)
Peroxyde d'hydrogène
Résidus potentiels
Aucun
Traces possibles
Certifications
ISO 10993, USP Class VI
Variables
Usage typique
Dispositifs médicaux
Applications industrielles
Au-delà du type de silicone, regardez aussi les mentions complémentaires : 0 PFAS (ces polluants éternels qu'on retrouve un peu partout dans l'industrie), sans BPA, sans phtalates, sans latex. Ces garanties valent quelque chose si elles sont documentées par des tests indépendants. Sinon, c'est du greenwashing.
📌 À retenir sur le matériau
Cherchez la mention exacte "silicone platine médical", pas un vague "silicone médical"
Les normes ISO 10993 et USP Class VI sont vérifiables, exigez-les
Les mentions 0 PFAS, sans BPA, sans phtalates ne valent que si elles sont testées
Votre checklist avant de mettre une cup au panier
Quatre points à valider sur la fiche produit ou le site de la marque. Si l'un d'eux manque, passez votre chemin.
Le type de silicone, écrit noir sur blanc
Vous cherchez la mention exacte "silicone platine médical", pas "silicone médical" tout court ni "silicone de qualité supérieure". La nuance n'est pas cosmétique. Si la marque reste évasive sur sa fiche produit, allez voir ailleurs. La transparence sur ce point précis est le meilleur indicateur de sérieux.
Le pays de fabrication, précis
Une cup fabriquée en France ou dans l'Union européenne respecte le règlement REACH et la directive européenne sur les dispositifs médicaux. Vous devez pouvoir savoir où exactement elle a été produite. Un "fabriqué en UE" sans détail, c'est trop flou.
Des certifications vérifiables
Références aux normes ISO 10993, résultats de tests PFAS publiés, rapports d'organismes tiers : ça existe ou ça n'existe pas. Une marque qui a fait tester sa cup ne se fait jamais prier pour communiquer les résultats. Le silence est rarement bon signe.
La transparence générale
La composition exacte est-elle publiée ? Le nom du fabricant est-il indiqué ? L'historique de la marque est-il accessible ? Une entreprise qui verrouille ces infos a généralement une raison de le faire.
⚠️ Pourquoi cette exigence ? Une cup de mauvaise qualité peut provoquer des irritations ou des allergies de contact, et exposer à des substances indésirables sur le long terme. Sur dix ans d'utilisation cumulée, l'exposition n'est plus anecdotique. Mieux vaut choisir bien dès le départ.
Trouver votre taille en trois critères concrets
Matériau validé, on peut enfin parler de la fameuse question taille 1 ou taille 2. Trois critères suffisent à trancher dans la grande majorité des cas.
1
Évaluez votre flux
Léger (moins de 15 protections par cycle), moyen (15 à 25), abondant (plus de 25). Pour un flux léger à moyen, la taille 1 fait le job. Au-delà, la taille 2 vous évitera les vidages toutes les deux heures.
2
Tenez compte de votre histoire obstétricale
Après un accouchement par voie basse, la tonicité périnéale a pu évoluer, même avec une rééducation soigneuse. La taille 2 offre alors un meilleur maintien. Sans accouchement, la taille 1 sera plus confortable pour la plupart des morphologies.
3
Mesurez la hauteur de votre col
Pendant vos règles, insérez un doigt propre et cherchez votre col, une petite bosse arrondie avec un creux au centre. À moins d'une phalange, col bas, privilégiez une cup courte ou souple. Entre une et deux phalanges, col moyen, le cas le plus fréquent. Au-delà, col haut, toutes les tailles classiques iront.
Trois profils, trois choix
Pour vous projeter, voici trois cas qu'on rencontre souvent.
Clara, 26 ans. Pas d'enfant, flux léger, sportive régulière, col moyen. Taille 1, sans hésiter. Largement assez pour ses journées de bureau et ses séances de yoga.
Sophie, 35 ans. Un accouchement par voie basse, flux moyen à abondant les deux premiers jours. Pour elle, la cup menstruelle taille 2 avec pochon apporte la capacité et le maintien qu'il lui faut.
Émilie, 38 ans. Deux accouchements, flux très abondant les deux premiers jours, col plutôt bas. Taille 2 en journée avec changement toutes les 6 à 8 heures, et culotte menstruelle en doublure pour les nuits de flux intense. La sécurité avant tout, et personne ne lui en voudra.
Vous hésitez encore ? Partez sur la taille qui correspond à votre profil dominant. La plupart des utilisatrices trouvent leurs marques en deux ou trois cycles. Si vous sentez une fuite ou un inconfort persistant, vous saurez qu'il faut tester l'autre. Pas de drame, juste un ajustement.
💡 Le saviez-vous ? Le col de l'utérus change de hauteur pendant le cycle. En début de règles, il a tendance à être plus bas qu'en milieu de cycle. Mesurez-le donc pendant vos règles, pas à un autre moment, sinon vous risquez de fausser votre choix de cup.
Combien ça coûte vraiment, sur dix ans ?
Une cup, ce n'est pas qu'un choix de confort. C'est aussi un calcul économique et écologique qui devient vite parlant quand on aligne les chiffres.
Solution
Coût sur 10 ans
Déchets générés
Tampons jetables
780 €
~15,6 kg
Serviettes jetables
585 €
~23,4 kg
Culottes menstruelles
450 €
Quasi zéro
Cup menstruelle
25-30 €
Zéro
Sur dix ans, vous économisez entre 555 et 750 € par rapport aux protections jetables. Côté planète, l'ADEME estime qu'une personne utilise 10 000 à 15 000 protections jetables dans une vie, soit plusieurs kilos de déchets non recyclables, souvent gorgés de plastique et de substances blanchissantes. Une seule cup remplace tout ça.
Pour aller au bout de la logique, complétez votre routine avec un soin d'hygiène intime neutre pour la toilette quotidienne, et éventuellement une culotte menstruelle pour les nuits de flux intense. Vous avez là un kit zéro déchet complet, pensé pour durer.
✨ L'astuce : Si vous débutez, achetez une seule cup et donnez-vous deux ou trois cycles pour vous l'approprier. Inutile de stocker plusieurs modèles. Vous verrez vite si la taille choisie vous convient, ou si un ajustement s'impose.
Ce qu'il faut vraiment retenir
Choisir sa cup, c'est d'abord choisir un matériau qui respectera votre corps pendant des années. Silicone platine médical, certifications vérifiables, transparence de la marque : voilà la vraie hiérarchie des critères. La taille, vous savez maintenant la déterminer en trois minutes chrono avec votre flux, votre histoire obstétricale et la hauteur de votre col.
Si vous cherchez une référence qui coche toutes les cases (silicone platine médical, fabrication française, 0 PFAS, pochon en coton bio certifié GOTS), jetez un œil à la cup menstruelle Lamazuna avec pochon. Pensée pour vous accompagner une décennie sans mauvaise surprise.
Les questions qu'on nous pose vraiment
Cup et stérilet, c'est compatible ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Parlez-en quand même à votre gynécologue lors de la pose ou de votre prochain contrôle. La règle d'or au retrait : pincez bien la base de la cup pour casser l'effet ventouse, puis retirez doucement. Ne tirez jamais sur les fils du DIU, c'est le seul vrai risque.
Ma cup sent mauvais même après stérilisation, est-ce normal ?
Non, c'est un signe d'usure ou d'entretien insuffisant. Faites-la tremper une heure dans de l'eau chaude avec une cuillère de bicarbonate de soude, puis stérilisez-la à l'eau bouillante 5 minutes. Si l'odeur résiste, c'est qu'il est temps de la remplacer. Une cup dure environ dix ans, pas l'éternité.
Puis-je nager avec ma cup ?
Sans aucun souci. Contrairement aux tampons qui peuvent gonfler au contact de l'eau, la cup est totalement étanche grâce à l'effet ventouse. Piscine, mer, plongée, aquagym : tout est possible.
Je n'arrive pas à insérer ou retirer ma cup, que faire ?
Respirez et détendez-vous, parce que la tension contracte les muscles du périnée et complique tout. Testez plusieurs pliages : pli en C, punchdown, pli en 7. Pour le retrait, accroupie ou un pied surélevé, ça change la donne. Et toujours pincer la base pour casser l'effet ventouse avant de retirer. Les premières fois sont parfois maladroites, c'est normal.
Ma cup fuit, c'est forcément un problème de taille ?
Pas forcément. Dans la moitié des cas, c'est un déploiement incomplet : après insertion, faites-la pivoter d'un quart de tour ou passez un doigt autour de sa base pour vérifier qu'elle est bien ouverte. Vérifiez aussi sa position, plus basse qu'un tampon. Si tout est correct et que les fuites persistent, là, vous pouvez tester une autre taille ou une fermeté différente.
Peut-on dormir avec sa cup ?
Oui, jusqu'à 8 heures consécutives sans problème. Videz-la juste avant de vous coucher et au réveil. Si votre flux est très abondant la nuit, doublez avec une culotte menstruelle, ça vous évitera de vous lever en pleine nuit pour vérifier.